SEGOU BALI : SAMBA

L’histoire relate le destin de Ségou Bali dit Samba, brave et talentueux pêcheur, champion de son Etat et célibataire, qui vit avec sa maman. Un jour comme d’habitude dans le bon Fouta, à la tornade séminale le village sollicite une journée de labour pour les champs communautaires. Chacun envoya son enfant. Ségou Bali partit seul et entame une parcelle, un jeune homme lui dit : oncle Ségou, laissez moi faire. Il se déplace à l’autre bout du champ et un autre homme lui dit la même chose. Après plusieurs tentatives, Constatant avec regret et amertume qu’il est avec les enfants de ses camarades de génération, Ségou Bali rentra chez lui bouleversé. Ségou Bali ne put manger ni boire. « Es-tu malade mon fils ? Pourquoi ne manges-tu pas ? » Dit la mère. «Je n’ai rien maman, mais jadis j’étais adulé et mes exploits devant les adversaires les plus respectés ne valent rien aujourd’hui. Je me suis retrouvé seul avec les enfants de mes frères, amis et ennemis» dit – il. Sa maman étant une grande voyante, savait auparavant dans ses consultations que le malheur de son fils viendrait d’une femme. «Mon fils, quel choix ferais – tu entre te marier et mourir ?» Renchérit – elle. «Tant pis maman, que je prenne femme ou non, je mourrai un jour». « Dans ce cas, va chez ton oncle et demande la main de sa fille ». Ségou Bali se rendit chez son oncle (le frère à sa mère) et lui explique. Le mariage avec sa cousine Coumba Mbourel fut célébré. La coutume exige un repas pour les amis de la mariée avant le départ pour la maison conjugale. Samba n'avait pas agi comme cela. Les camarades d'âge de Coumba se concertent: " Nous n'avons pas nos droits, ton mari est très riche, mais il n'a rien fait. Nous jurons que tu nous feras "une soupe" jamais connue jusqu'à nos jours. Coumba et son mari tombent d’accord et annoncent qu’ils vont faire un repas exceptionnel de taille que nul n’ait jamais fait. Il y a qu’une chose que nous demandons la viande de N’Gaari ngowlé. Ton mari est très brave et le reste est facile pour lui. S’il t’aime, il va nous débarrasser de ce monstre. Alors qu'ils étaient couchés au beau milieu de la nuit, Samba posa sa main sur Coumba Comba la rejeta loin et dit à Samba : "Tu m'as déshonorée. On disait que tu étais l'homme fort des pêcheurs peuls toute femme aurait souhaité t'épouser mais tu es venu me prendre faisant de notre mariage, un mariage raccommodé. Je suis la risée du public. J'exige de toi une soupe jamais faite pour une femme de pêcheur. » Alors Ségou Bali lui dit: Je jure sur ce qu'il y a de plus sacré ; j'égorgerai pour toi cent bœufs. je n'en veux pas dit Mbourel. J’égorgerai pour toi 10 chameaux ou cent moutons ou bien demain j'irai à la chasse, je rapporterai un caïman et sa femelle. Je n'en veux pas, dit coumba. Je fusillerai pour toi un hippopotame et sa femelle. je n'en veux pas , dit - elle. Que veux-tu ma chère épouse? Je veux Ngari Gawlé si tu dis vrai que tu m’aime. Ngari Gawlé est un esprit qui se manifeste par un géant et redoutable anaconda immortel. Laisse – moi y réfléchir. Dit - il Au lendemain, Ségou Bali aperçu devant sa maison, une vieille dame tout de blanc vêtu. Il lui remit l’aumône. La veille Dame lui dit : « Ségou Bali ! Ségou Bali ! C’est moi qui t’appelle mon fils. J’ai entendu ton épouse. Ngari Gawlé, c’est moi. Ne l’écoute pas». La nuit suivante, Coumba reformula avec plus d’acuité sa demande. N’gari Gawlé transformé en une vieille dame vêtue de blanc portant un récipient plein de poissons réveille Ségou Bali et lui demanda de nouveau de refuser. Au lever du jour, Coumba abandonna le domicile conjugal. La nouvelle de la fugue se répandit comme une traînée de poudre. Ségou Bali taxé de poltron et touchée dans son amour propre se confie à son oncle. Le père mis au courant, scandalisé demande à sa fille de rejoindre le lieu conjugal. Devant l’hésitation de son épouse. Samba, en annonçant la décision de combattre s’interpose entre son épouse et son beau-père, outré qui voulait battre sa fille. La femme regagna le domicile conjugal sans même dire au revoir à ses parents. Au matin de la veille du combat, à la recherche d’un rameur, Samba visita tous ses compagnons d’arme, en vain. Dépité et il se confie à sa sœur et son neveu encor sous « tutelle maternelle », lui promet de lui tenir les pagaies. Juste avant le combat, après vérification et sélection 4 armes des plus redoutables. Il jauge ses armes et engage un dialogue avec elles : - Pour la première, il récite une formule, souffle sur la pointe métallique qui fondit. - Pour la deuxième, il récite la même formule et celle-ci se tordit. - La troisième résista à la formule et à la deuxième formule, il crochet pointu supplémentaire apparu. - Pour la derrière, après trois formules récitées, il comprit qu’il ne faut l’utiliser qu’à porter de mains. Tous les villageois et ceux des villages voisins convergent vers les hauteurs des falaises du fleuve pour assister au spectacle. Seuls Segou bali et son neveu étaient sur la pirogue au milieu du fleuve. Le ciel s’assombrit, on n’entend plus que le bruit des vagues tourbillonnants qui déferlent sur la pirogue et la voix grave de Samba récitant ses formules. Ségou Bali, sur l’avant de la pirogue ramée par son très jeune neveu, scrute la surface de l’eau quand soudainement N’gari Gawlé apparu à bonne distance devant. Il était plus haut que 4 gaillards et long de 3 pirogues de pêche. Des cris des spectateurs se mêlent les grognements du monstre. Samba, accroupi une armée sur chaque main, fait signe à son rameur de foncer sur sa cible. Ngari Ngawlé fut un plongeon dans le fleuve provoquant un bruit assourdissant. Ségoubali à portée, envoya une lance sur le saurien. Ngari Ngawlé fit surface devant Samba qui n’attendait que le moment où il peut placer son harpon dans le cœur du monstre. A bout portant, il suivit des yeux le harpon et vit des écailles se disperser, du sang et du feu jaillir et comprit. Après être anéantie, Ngari Ngawlé, jeta un mauvais sort à Ségou Bali qui s’est écroulé dans la pirogue, évanoui. Le neveu continue de ramer les yeux rivés sur son oncle. Ngari Ngawlé rendit à midi et Samba fut acheminé d’urgence à la maison. Les pêcheurs n’ayant pas pu remonter l’animal, lui coupèrent la queue pour confirmer la victoire. Segou Bali signala à sa mère qu’il ne fallait pas introduire la dépouille de N’Gaari Ngawlé dans leur concession. La mère courut avertir les pêcheurs, mais ils étaient déjà à l’interieur. La mère retourna sur ses pas, son fils avait rendu l’âme. Segou bali Yooo Sambame, chantait sa maman : Ton malheur te viendra d'une femme " dit une mère à son fils unique... "Je veux un repas à base du monstre sacré. Celui qui tue cette bête meurt, je veux que tu lui livres combat." dira une femme à ce fils unique. C’était au temps où on ne badinait pas avec l’honneur….