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  • : Eduquer, c’est d’abord montrer l’exemple dans le comportement et dans les attitudes des tous les jours. La sévérité, l’humiliation, la brimade, le rejet, le mépris, l’oppression ou l’abus d’autorités etc.… à son égard ou devant lui, sont très mauvais pour l’enfant. Dans les sociétés traditionnelles africaines, L’enfant est encadré par toute une communauté.
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Dimanche 4 octobre 7 04 /10 /Oct 17:22

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Nous vous prions de nous informer des erreurs de redaction. Nous sollicitons votre assistance afin de reconstituer la lignée ou le lien de parenté avec les differents "Thierno". 




                             Liste des "Thierno wanewanebé"

1) THIERNO ABDOULAY PATHE SIWA DIAASSA WANE (Intronisé quand son frere Yero avait 20 ans environ. En 20 ans, il organisa les attributs et le domaine d'activité du Thierno: 34 claves (leffol) pour la gestion des terres et de l'administration politique et judiciaire. Il avait 2 soeurs et 3 freres. Il se rendit à la mecque avec 400 pelerins vers 1275.

2) THIERNO YERO PATHE SIWA DIAASSA WANE il a vécu 104 ans (Intronisé à l'age de 40 ans en 1290, date qui était transcrite "en arabe" sur la pierre tombale découverte en 1945)

3)THIERNO HAMIDOU YERO PATHE SIWA a vécu 140 ans

4) THIERNO LIMINE YERO PATHE

5) THIERNO HAMAT HAMIDOU YERO PATHE

6) THIERNO YETHOUMBOUKARY YERO PATHE

7) THIERNO YERO HAMIDOU YERO PATHE


8) THIERNO YERO YETHOUMBOUKARY YERO PATHE

9) THIERNO DEMBA YERO HAMIDOU YERO PATHE
 
10) THIERNO BOKAR BARKA CIRE YERO HAMIDOU YERO PATHE (vers 1670) c'est le 1er Thierno wanewanebé à Mboumba

11) THIERNO IBRA HAMAT MAMADOU BIRANE ABDOULAY PATHE (Mboumba vers 1731)

12) THIERNO IBRA DEMBA YERO HAMADY YERO PATHE

13) THIERNO AMADOU IBRA DEMBA YERO HAMDY YERO PATHE

14) THIERNO BIRANE THIERNO IBRA HAMAT (entre 1815 et 1837) fils de Thierno Ibra hamat. IL FUT PLUSIEURS FOIS ALMAMY DU FOUTA TORO (18151816;1817;1819-1821;1831-1832;1833;1834-1835;1835-1836)

15) THIERNO BOCAR ABDOUL BIRANE

16) THIERNO MOUSSA YERO HAMEDOU

17) THIERNO ADAMA MOUSSA YERO

18) THIERNO EL HADJI MAMADOU ABDOUL WANE (1906 amoyel boudy)

19) THIERNO BIRANE DIAWEL

20) THIERNO IBRA BIRANE ABDOUL (dit gourmo raby)
 
21)  THIERNO AMADOU GOURO (1960)

22) THIERNO MAMADOU RACINE

23) THIERNO MAMADOU HADIYA

24) THIERNO TAMIMOU RACINE

25) THIERNO ABDOUL ALMAMY (1985 à MBOUMBA)

26) THIERNO ABDOULAYE HADIYA (1985à Abdalla Dieri)

27) THIERNO ABDOULAYE AMADOU (samba couro Hadiya 6 04 96à Abdalla diéri)

28) THIERNO MAMADOU HAMAT (08 07 2000 à Mboumba)

29) THIERNO MAMADOU OUMAR (11 02 2006 à Kanel)

30) THIERNO BABA MAMADOU SADA (samedi 15 Aout 2009 à Mboumba). Période des fortes pluies. IL était savant, juste, pieux, calme, généreux, doux, fort et agréable à visiter. Il est né en 1921 à Mboumba.

 31) Thierno abdoul baila wane depuis Decembre 2011

POUR PUBLIER VOS IDEES ALLEZ AU LIEN CI-DESSOUS A DROITE

 

 

MADINA TOURE Bibliothèque Universitaire Centrale 
S / C DEPARTEMENT HISTOIRE, F.L.S.H. 
UNIVERSITE de NOUAKCHOTT 

INTRODUCTION 

La Moyenne Vallée du Fleuve Sénégal, appelée Fuuta Tooro, a fait l’objet de beaucoup d’études, relevant de différentes disciplines et de plusieurs périodes. Ces études, effectuées aussi bien par des spécialistes que par des profanes, mettent en perspective le rôle de cette région en tant qu’espace géopolitique, culturel et pôle d’échanges. 
Le territoire du Fuuta est divisé en sept provinces qui sont d’Ouest en Est: le Dimar, le Tooro, le Laaw, le Yirlaaße -Hebbiyaaße, le Booseya, le Ngenaar et le Damnga. A ces provinces, il faut ajouter le territoire des Halayße, territoire autonome situé entre le Tooro et le Laaw et refusant tout rattachement à l’un ou l’autre de ses voisins. 
Par sa position géographique le Fuuta est limité au Nord par le pays maure (Trab el Bidhane), au sud par le Royaume du Waalo, le Ferlo, le Gadiaaga et à l’Est par le Bundu et les pays Bambara . 
Le pays a connu diverses influences politiques et religieuses au cours des siècles ce qui aboutira au renversement de la dynastie Peule Déniyanké vieille de plus de deux siècles, et à son remplacement en 1776 par une théocratie islamique: c’est la révolution des tooroßße ou lettrés musulmans. 
Ces tooroßße, à l’instar de ceux qu’ils ont remplacés, appartiennent à la communauté haal-pulaar (ceux qui ont le Peul comme langue maternelle), communauté la plus importante sur le plan numérique et au sein de laquelle vivent des soninké (au centre et à l’est), des wolof (à l’ouest) et des maures (surtout noirs, haratines, que l’on rencontre dans tous les villages du Fuuta). 
Le Fuuta traditionnel a su profiter des apports de différentes communautés qui le composent. Il a su tisser des relations de tous genres avec ses voisins, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières, relations qui s’articulent autour de la terre. 
En effet, dans l’histoire du Fuuta, la propriété foncière, surtout celle des terres de décrue, a été source de richesse et enjeux de pouvoir; le Waalo, étendu sur environ 600 km de long et sur 5 à 25 km de large, constitue avec les hautes terres du Jeeri (culture sous pluie) la base des activités économiques et de la richesse dans ce pays . 
Le pays dispose de deux saisons de cultures: 
-la vallée est inondée vers le mois de juillet et les eaux se retirent en novembre-décembre, moment propice pour la culture de décrue; 
-parallèlement à ces cultures de décrues, les pluies hivernales entre juin et septembre, permettent la culture des hautes terres du Jeeri. 
En cas de bonne pluviométrie, le Jeeri produit de grandes quantités de céréales, lesquelles ajoutées à celles produites dans le Waalo, font du Fuuta un grenier à mil mais aussi une terre de convoitise pour les voisins. 
Cette « assurance-vie » que la nature offre au Fuuta est comparée par David Robinson à un fusil à deux coups dont le propriétaire est assuré d’avoir une réserve après avoir tiré le premier coup. Elle confère à ses bénéficiaires un pouvoir économique réel souvent doublé d’un pouvoir socio-politique. 
La richesse en terres est souvent l’apanage des grandes familles dirigeantes de la communauté Fuutanke qui les ont acquises soit par le droit du premier occupant (donc par héritage) ou par don pour services rendus aux dirigeants du pays (Satigi ou Almami). Elle permettait d’entretenir la clientèle attachée à ces familles. 
Pour consolider ces acquis, les grandes familles tissent toutes sortes d’alliances entre elles et avec leurs voisins: alliances matrimoniales ou politiques sur fond économique. En observant ces alliances, on est tenté de croire que tout tourne autour de la femme en raison de sa forte présence dans l’histoire politique du Fuuta. 
C’est pourquoi il serait intéressant d’étudier la place et le statut de la femme au sein du Fuuta et, ensuite les critères qui déterminent le choix d’une épouse ou d’un compagnon: ce sera l’étude de la politique matrimoniale interne. 
Ensuite, en tant que terre de rencontres et d’échanges, l’examen des relations socio-politiques, économiques entre le Fuuta et ses voisins sera vu sous l’angle de leurs relations matrimoniales. 

I°/ PLACE ET STATUT DE LA FEMME DANS L A SOCIÉTÉ DU FUUTA 

A°/ STATUT ET RÔLE DE LA FEMME DANS LE CADRE FAMILIAL 

Il faut souligner avant tout que ce statut et ce rôle peuvent être nuancés selon la catégorie sociale à laquelle elle appartient. 

1- LA FEMME ET LE SUUDU 

Le Suudu ou ménage est la plus petite structure familiale où évolue la femme . 
On la voit d’abord fillette, soumise à certaines règles de conduite plus ou moins strictes selon la catégorie sociale à laquelle elle appartient. 
Un comportement peut-être jugé condamnable pour une fille de la catégorie des Rimbe (noble, libre) mais acceptable pour une fille castée (ñeeño) ou de condition servile (jiyaado). 
Le mariage confère à la fille le rôle de maîtresse de ménage (Joom-suudu) situation commune aux femmes Rimbe et Ñeeñbe (femmes nobles et castées- artisans ). 
La Joom-suudu gère les biens du ménage qui sont évalués en terres, en cheptel, en volaille auxquels il faut quelquefois ajouter les bijoux de la femme. 
Comme épouse, la Joom-suudu est éduquée dans les règles du respect, de la soumission, de la disponibilité, de la fidélité tout en servant d’appui et de conseillère à son époux. 
Une Joom-suudu ferme et rigoureuse est souvent recherchée parce qu’en faisant usage de ses qualités elle pourrait faire de son époux le meilleur des hommes. 
La Joom-suudu joue aussi un rôle de mère quand elle donne naissance à une progéniture saine qu’elle éduque avant de l’envoyer prendre place dans la société contribuant ainsi à l’édification d’une aire sociale viable et juste. C’est à elle que revient le rôle de nourrice pour le ménage ainsi que la gestion du bien-être familial. 
Notons que ces différents statuts et rôles, s’ils existent, ne s’appliquent pas de la même manière dans le cas d’une femme de basse catégorie (esclave) pour la simple raison qu’elle est considérée comme un bien appartenant à son propriétaire. Ce qui signifie pour celle-ci une irresponsabilité juridique et une incapacité dans le pouvoir de décision pour ce qui la concerne ainsi que pour ce qui intéresse ses enfants. De par son statut, la femme jouait un rôle plus ou moins important dans une structure plus grande, en l’occurrence la concession ou Galle. 

2°/ LA FEMME DANS LE GALLE OU CONCESSION 

Plus grand que le ménage (suudu), la concession (Galle) est le regroupement de plusieurs Cuudi (sing. suudu) dont la direction est confiée au membre le plus âgé de la famille: le Joom-Galle ou maître de la famille qui gère les terres communes (Leydi Joowre) et les animaux domestiques appartenants à la famille. 
Quant à la gestion domestique, elle revient à la belle-mère (Esiraado) dont l’importance au sein de la concession dépend pour une grande part du nombre d’enfants mâles qu’elle aura donnés à son mari. 
En effet, l’importance d’une femme est rehaussée lorsqu’elle donne naissance à des garçons plus qu’à des filles du fait que celles-ci sont appelées à quitter la maison familiale pour aller vivre chez leur époux tandis que les garçons se devaient de faire venir leurs compagnes afin de prendre le relais et s’occuper de la belle-mère. 
Ce statut d’Esiraado lui donnera un pouvoir certain et un droit de regard sur les agissements de ses brus au sein de la famille à condition, toutefois, que ses fils soient malléables. La soumission de ces derniers à la volonté quelquefois égoïste de leur mère fait souvent de la Esiraado une terreur pour les brus qui voient en elle une intrigante ayant une autorité sur leur mari et par conséquent sur elles-mêmes. La jeune bru évoluant sous le regard de sa belle-mère ne gère presque rien (à l’exception de sa vie conjugale), se contentant de suivre les instructions que lui donne celle-ci qui a aussi la garde du magasin des vivres d’où son nom de Joom-faawru (magasinière). Il faut souvent attendre que la belle-mère devienne impotente pour que la belle-fille se voit confier ses responsabilités. Le rapport entre belle-mère et belle-fille fait penser à un conflit d’autorité doublé d’un conflit de générations. 
Un penseur fuutanke nommé Thierno Ousmane Bâ , ancien cadi de Kaëdi, avait l’habitude d’illustrer ce conflit par cette belle image de « Laamdo naatoowo e laamdo jaltooowo », ce qui signifie littéralement le chef entrant (la bru) et le chef sortant (la belle –mère). Illustration confirmée par une femme, non moins sage du Fuuta, grand-mère de notre directeur de recherche Oumar Kane, qui trouvait compréhensible la rivalité entre la maîtresse absolue, propriétaire de tout ( jey fof, la belle- mère) et cette « voleuse », preneuse de tout (arani fof) qui n’est autre que la bru . 
Dans une moindre mesure, un autre conflit ou du moins une tension se fait sentir entre les sœurs du mari (les belles-sœurs) et l’épouse de leur frère, cette arani fof, à l’égard de laquelle elles éprouvent une certaine jalousie du fait de la place qu’elle prend dans le cœur de leur frère et de la réduction éventuelle de la générosité de celui-ci à leur endroit. 
Ces deux sortes de conflits font apparaître tant soit peu le pouvoir de la femme sur son mari. 

B°/ STATUT ET RÔLE DE LA FEMME DANS LA STRUCTURE VILLAGEOISE 

1°/ LA FEMME DANS LE « FEDDE » OU GROUPE D’ÂGE. 

La société haal-puular toute entière semble trouver dans le regroupement par âge (Fedde) la forme adéquate d’association ou s’exprime l’esprit d’équipe, la solidarité, les échanges d’idées, les initiatives collectives, les solutions des problème, etc. 
Les associations féminines (Fedde rewße) ont la particularité d’avoir deux dirigeants: la première nommée par ses camarades d’âge et qui est appelée Mawdo-Fedde ou leader du groupe, et la seconde, d’un âge plutôt avancé, est la marraine du groupe ou Yummum Fedde. Elle est désignée par les mères pour gérer et encadrer les filles afin de les rendre sociables. Choisie surtout pour ses qualités morales et humaines, elle sert souvent de relais entre les filles et les mères dont la communication n’est pas toujours aisée à cause des tabous et de la pudeur. 

2°/ FEMME DANS L’ORGANISATION VILLAGEOISE 

Le village ou Wuro est dirigé par un chef de village ou Joom-Wuro qui a un droit de regard sur toutes les associations ou Pelle (sing. Fedde). 
La femme ne participe, généralement, pas aux instances de décision du village mais, les activités sociales en son sein (baptêmes, mariages, funérailles etc.) sont pour elle l’occasion de jouer un rôle en rapport avec son statut. Son rôle apparaît d’une autre manière quand elle sert de conseillère à son mari et ne manque pas d’orienter ou d’influer sur ses décisions. L’adage bien connu indique que derrière chaque grand homme se cache une grande dame. 

II °/ PLACE DE LA FEMME DANS LE MARIAGE 

A°/ LE PASIRAAGAL OU EGALITE DE NAISSANCE . 

Le mariage en pays toucouleur repose dans la plupart des cas sur le principe de l’égalité de naissance ou Pasiraagal comme l’indique le dicton populaire: « yoo gundo res gundo, elo resa elo ». Expression qui trouve son équivalent dans le proverbe français qui dit « qui se ressemblent s’assemblent ». 
Rappelons que le société du Fuuta, de par sa hiérarchisation, était très conservatrice et que l’on y accordait une grande importance à la classe sociale des candidats au mariage. Toutefois la qualité de « bonne famille » n’était pas le seul critère pris en compte dans la mesure où il devait être accompagné, pour le renforcer, des qualités de la mère. 
Alors, grâce au truchement des courtisans, la famille du futur mari arrive souvent à obtenir les renseignements préalables aux négociations définitives. 
Au Fuuta, l’on est convaincu que l’enfant n’est que le reflet de sa mère comme l’illustre l’adage populaire: « ko nagge ñaami fof ko dum ñale muynata », autrement dit, le veau ne tète que ce la vache a brouté, ou encore l’enfant doit ses qualités à sa mère . 
L’homme qui, par malheur, tombe sur une mauvaise épouse devrait trouver une compensation dans les qualités de sa propre mère. 
Un proverbe puular les départage en ces termes : « so tawii giyye buriima yuuma moyyo burdum debbo moyyo » , c’est-à-dire si ton camarade d’âge se vante sur les qualités de sa mère, contente-toi d’avoir une épouse meilleure que la sienne. Une bonne épouse viendrait, pour ainsi dire, quelque peu compenser les défauts d’une mère au sein de la concession. 

B°/ LA POLITIQUE MATRIMONIALE ENTRE LES FAMILLES 
JAAGORDE ET DES LAAMOTOOßE 

En plus du Pasiraagal, principe de base du mariage au Fuuta (les qualités maternelles étant un plus), d’autres critères peuvent entrer en considération, notamment la mise en commun ou la préservation des intérêts économiques, sociaux ou politiques, ou encore l’envie d’acquérir du prestige et du pouvoir. 
On assiste à ce genre d’unions durant le règne des Deeniyankooße (XVIe et XVIIe siècles), qui n’ont trouvé rien de mieux qu’à contracter des mariages avec les femmes des familles guerrières (Sebbe) garantissant ainsi à leurs auteurs la fidélité dans les relations et le raffermissement des intérêts communs. 
Avec l’avènement de la révolution théocratique Tooroodo, cette politique matrimoniale a été adoptée notamment entre les familles des grands électeurs (Jaagor&#273;e) et celles des candidats au pouvoir (les éligibles ). 
Notons que le conseil des grands électeurs ne regroupait que peu de membres choisis dans cinq à six familles, toutes issues du Fuuta central: trois sont du Booseya la famille Kane de Daabiya dont le chef de file se nommait Ali Dundu, la famille Ly de Thilogne dirigée par Ali Mamoudou, la famille Athié de Rindiaw sous la direction d’Elimane Faalil; et les deux autres étaient du Yirlaabe: la famille Bâ du village de Mboolo Ali Sidi du nom de son dirigeant et enfin la famille Anne de Pété dont le chef était Amar Bella Racine . 
En observant de prés le choix porté sur les femmes issues des familles de Jaagor&#273;e dans le Fuuta et en tenant compte des fonctions occupées par leurs époux, on serait tenté de croire que ces choix ne sont pas le fait du hasard . En effet, une étude sommaire de quelques cas assez représentatifs de la société fuutanke va faire apparaître des liens évidents entre alliances matrimoniales et politiques. 
Revenons brièvement sur le mode de désignation du premier Almami du Fuuta et les nobles critères qui ont conduits à son choix : sa piété, sa connaissance de l’Islam, son sens de la justice, sa modestie, sa rigueur dans la gestion de la chose publique, etc. En a-t-il été ainsi du choix de ses successeurs, si l’on considère qu’à la fin du règne de Almami Abdoul Kader, les Jaagor&#273;e avaient acquis tellement de pouvoir que les candidats à la magistrature suprême se devaient de répondre à leur attente pour être élus. A partir de là, le candidat ayant une forte personnalité n’était plus recherché, ni souhaité, pour éviter que celui-ci ne leur tienne tête au cas où l’on voudrait le limoger. Les grands électeurs, qui détiennent entre leurs mains les rênes du pouvoir, font et défont les Almami à chaque fois que leurs intérêts sont en jeu. 
Une observation de la généalogie des Almami fait apparaître la place des alliances matrimoniales entre eux et avec les Jaagor&#273;e. Un exemple pour l’illustrer, les liens de parenté qui unissent Almami Abdoul, Almami Muttar Kudeeja et Almami Raasin Selli Talla: 

On remarquera qu’ils descendent tous les trois du même aïeul, en l’occurrence, Sire Lamin Talla. Mais, en plus, tout porte à croire que l’un et l’autre des cousins de l’Almami Abdul doivent leur accession au pouvoir, du moins en partie, à l’influence de leurs famille maternelles, les Jaagor&#273;e de Thilogne et de Rindiaw. 
Muttar Kudeeja était le frère utérin de Faalil Kudeeja et de Maamuudu Kudeeja (des Jaagor&#273;e de Rindiaw), tandis que Raasin Selli Talla était le petit-fils de Thierno Molle Ly (Jaagorgal de Thilogne). De plus, Cheikh Moussa Kamara affirme que c’est la volonté d’acquérir des biens et du prestige qui a poussé Muhammadu Wahaabu Talla, père d’Almami Raasin Selli, à aller s’installer et se marier dans la famille de Thierno Molle Maamuudu Aali Ly, le grand électeur de Ciloñ (Thilogne) . 
On retrouve les filles de ce même électeur, Thierno Molle Maamuudu Aali, mariées un peu partout dans les grandes familles du Fuuta: à Rindiaw nous avons Sawdatou Thierno Molle, à Jaaba (Diaba) il ya Oumoul Khaïry, à Wocci (Wothie) on rencontre Youhanidou Thierno Molle, Dieynaba chez les chérifs de Thilogne, Labouda chez les Anne du Laaw etc. 
Est-ce le fruit du hasard, si le mari de Youhanidou Ly, le cadi Thierno Wocci Sire Hasan est devenu Almami (1825-1828) ? Et qu’est ce qui explique l’accession à l’Almamiyat de leur petit-fils, Mamadou Mamoudou Bal de Golléré(1870-1871,1873 quelques mois) ? Plus tard ce dernier donnera sa fille Mariam Almami en mariage à Ali Bokar Kane, petit-fils des Jaagor&#273;e de Daabiya. 
En somme, la femme est présente partout où le pouvoir et le prestige sont recherchés. Si son action est passive dans la dévolution du pouvoir, elle n’en demeure pas moins incontournable quand à la recherche de la paix et de la stabilité entre électeurs (Jaagor&#273;e) et éligibles (laamotooße) du fait de la parenté nouvelle que le mariage ne manque pas d’engendrer. Et qui dit parenté, dit communauté de sang et de biens, et par conséquent intérêts politiques communs. 
Il semble que pour l’amour (ou pour l’intérêt) d’une femme, la rivalité peut naître entre des prétendants au point de se déplacer sur le terrain politique. Cela pourrait expliquer peut-être la fréquence sur le trône et la longévité au pouvoir de deux familles d’éligibles, en l’occurrence les familles Wane de M’Boumba et les Ly de Diaba . 
Au commencement était la promesse de mariage entre Youssouf Sire Ly (futur Almami Youssouf ) et la fille de son cousin Tafsiiru Boggel Ly, Takko. L’entreprise échoue pour des raisons mal connues et Takko est donnée en mariage à Birane Wane (futur Almami Birane ). Youssouf va se rabattre sur la nièce de Birane, fille de son frère consanguin Almami Ali Ibra Wane: Raki Ali Wane. Loin de régler la situation, ces arrangements laisseraient plutôt présager un règlement de compte sur fond de ßi&#331;ggu baaba ou consanguinité, puisqu’on assiste souvent à une rivalité entre des personnes apparentées du côté paternel : des gens de même père ou de même grand-père. C’est de là que proviendrait la rivalité constatée entre ces deux familles régnantes: une histoire de femme. 
D’ailleurs, d’autres alliances matrimoniales seront contractées par chacun des protagonistes afin de s’assurer les meilleures assises politiques. 
Almami Youssouf va se faire des alliés au sein même de la famille de son rival en donnant sa fille à Thierno Bayla Tafsirou Wane de Kanel, cousin d’Almami Birane. Khardiatou Almami Youssouf serait la mère d’Alpha Oumar Thierno Baïla, futur général d’El Hadj Oumar Tall. Entre autres filles d’Almami Youssouf, on parle de Tamar Almami à Horéfondé qui serait la mère d’Almami Moustapha Abdoulaye Bâ, Diaara Almami serait la mère d’Almami Malick Thiam de Diaba-Déklé; Mariam Almami serait l’épouse d’Elimane Boubacar Kane de Dimat . 
De son côté, Almami Birane ne sera pas en reste et va renforcer ses liens avec la famille ßaas de Abdalla, la famille Thierno Syllanaabe de Jo&#331;to (sa mère serait issue de toutes ces deux familles), la famille Thierno Molle Ly de Thilogne et les Baro de Hayré, ainsi que la famille d’Alpha Amar Bâ, Thierno Horéfondé, son cousin germain. 
Les alliances matrimoniales à caractère politique au sein du Fuuta sont très répandues et cette énumération est loin d’être exhaustive. Seulement, il s’avère nécessaire de mettre en exergue des cas assez représentatifs de la société pour aborder la question relative aux unions entre le Fuuta et ses voisins. 

III/ LA POLITIQUE MATRIMONIALE ENTRE LE FUUTA ET LES ÉTATS VOISINS 

Cette politique, consiste pour les Fuutanké à aller prendre des épouses chez les voisins. Le cas inverse, même s’il existe, reste rare car, traditionnellement dans ce pays, on ne donne pas sa fille en mariage à un étranger. 

A/ LES RELATIONS ENTRE LE FUUTA ET LES PAYS WOLOFS 

Parmi les exceptions à cette règle, les chroniques du Waalo (citées par Vincent Monteil) parlent du mariage d’une femme haal-pulaar, Fatimata Sall, avec le légendaire Aboubacar Ibn Oumar, berbère almoravide. De cette union serait né Amadou Boubakar, futur Ndiadiane Ndiaye, ancêtre plausible des Wolofs. C’est celui-ci qui aurait fondé le royaume du Waalo avant d’aller jeter les bases du Kayor et du Djolof. 
Selon la même source (Monteil), le territoire du Waalo dépendait du Fuuta durant les « règnes des Dyawogo, Manawogo, Matmuso, Tundyogo, Lamtarmus et Lamtakho » : différentes dynasties qui se sont succédées dans ce pays. C’est ce qui expliquerait les titres de Diogomay et de Diogodo, termes pulaar désignant respectivement le Maître du fleuve (Diogo Mayyo) et Maître des terre (Diogo Dow), donnés à deux ministres du Brak du Waalo. 
Le Diogomay serait marié, lui aussi, à l’époque d’Amadou Boubakar, à une femme Haal-puular nommée Fatimata Djawando. Celle-ci va jouer un rôle déterminant dans la succession au trône du Brak en acceptant de se faire soudoyer pour influencer le choix de son époux grâce au pouvoir qu’elle exerce sur lui . Le deuxième Brak du Waalo, Mbay Wade appelé aussi Mbagny Wade, lui serait redevable du choix porté sur sa personne, pour l’accession au trône. 
L’un des fils de ce Brak, le Bey Lawar (titre relatif à ses terres) Bira Wade, se serait éxilé au Fuuta au XIIIè siècle à la suite d’un incident qui opposait ses alliés, les Gaye, au septième (7e) Brak du Waalo, Yerim Mbagnik. Ses amis et lui auraient trouvé refuge auprès du Farba Waalalde, un Dieng. Ce dernier, pour renforcer ses liens avec son protégé lui aurait donné sa fille comme épouse. Grâce à cette union, Bira Wade, dont le nom est transformé Wane en souvenir du site (Waande) où il vivait, deviendra l’ancêtre de tous les Wane du Fuuta ainsi que de nombreuses autres familles. 
Après cette célèbre union d’autres virent le jour telles que: celle qui lia le Satigui Samba Boubacar Sawa Laamu à une autre femme du Waalo nommée Wuurannge, ou encore celle du Thierno Asso Lamine Bal de Boode-Law à Kumba Safiyata Hamath Fall de Pire (Kayor) qui sera la mère d’Almami Hamath Lamine Bal. Nous avons aussi l’union entre Almami Abdoul Kader et deux femmes du Waalo qu’il aurait ramenées après son expédition victorieuse sur le Brak (probablement Fara Peinda Teg-Rel): la première Aram Bakar sera la mère de ses enfants Hamadi Alhadji et Fatimata Almami, et la seconde Mariam Mbodj, lui donnera sa fille Raabi Almami . Il avait ramené deux autres femmes du Waalo qu’il donna en mariage à ses amis Alkaati Mboolo Tafsiiru Sawa Kudi et Sire Dara Dia. Aprés la mort de l’Almami , Aram Bakar, sa veuve Waalo-waalo, se remariera à Thilogne avec le Thierno Molle Amadou Moctar Ly à qui elle donnera une fille nommée Paddel Aram Ly. 
Durant le règne de Mamadu Birane Wane vers 1855, ce même Fuuta qui organisait jadis des expéditions contre son voisin wolof de l’ouest deviendra une terre d’asile pur ses ressortissants en accueillant notamment son chef, le Brack Mo Mbodji Malik et les principaux dignitaires du Waalo défaits par Faidherbe . 
Précisons que les relations entre le Fuuta et les wolofs ne se limitent pas au Waalo car les traditions disent qu’Amadou Boubakar (Ndiadiane Ndiaye), métis bérbéro-pulaar va jeter les bases des royaumes du Kayor et du Djolof . Cette origine pulaar laisse des traces, bien que déformées, dans la dénomination de certaines familles régnantes ainsi que dans les expressions utilisées dans les deux cours . 
Parmi les sept familles régnantes du Kayor, on compte les Dorobe terme qui se rapproche du Pulaar Torobe ou Toorobbe signifiant les lettrés . Les marabouts du Kayor sont généralement d’origine toucouleur (haal-pulaar) selon Monteil, mais cette hypothèse se base peut- être sur la présence importante des étudiants coraniques Fuutanke dans ce pays où se trouve la célèbre université de Pire Sagnakor. Le mariage entre Thierno Asso Lamine Bal, père des deux Almami de Boode (Bokar Lamine et Hamath Lamine Bal), et Kumba Safiyatu Hamath Fall trouverait pour ainsi dire une explication dans le renforcement de la relation entre maître-disciples relations matrimoniales que l’on retrouvera sous d’autres cieux. 
Par contre, le mariage qui unissait Ibra Almami Wane et Gaiciry Damel, sœur de Lat Dior Damel (roi) du Kayor et, mère d’Ahmadou Mokhtar Wane, avait plutôt un caractère politique en ce sens qu’il unissait les intérêts du chef du Laaw à ceux du Kayor. Après la cassation de ce mariage par le Damel Lat Dior et le remariage de cette femme avec le Bourba (roi) du Djolof Ali Bouri Ndiaye, une rivalité farouche va opposer le mari déchu à celui qui lui a ravi son épouse. La colonie du Sénégal sera témoin d’une campagne de dénigrement lancé par Ibra Almami contre le Bourba. Ce dernier écrit le 24/12/1881 aux autorités de la colonie du Sénégal "N’écoutez pas les paroles d’Ibra Almami contre moi: celui qui épouse la femme d’un autre devient son ennemi, j’ai épousé la femme d’Ibra Almami " . 
Que dire des relations entre le Djolof et le Fuuta sinon répéter après Monteil que ce pays est habité aux trois quarts (3/4) par des Peuls. Il est tout de même dirigé par des wolofs pour ne pas dire des peuls « wolofisés » comme semble le croire Monteil: Girom Buri-Dyelen (chef Peul du Djolof) aurait restauré les Ndiaye sur le trône du Djolof suivant les conseils de sa mère. Celle-ci lui aurait dit, en pulaar : « Mawdo Lawol, dyom ndyobari » que Monteil traduit en ces termes « le maître de la voie est celui à qui appartient la récompense ». 
Un dicton populaire peul du Djolof va dans le même sens en affirmant que « n’eut été Girom, les Ndiaye auraient tous mangés de l’herbe », en pulaar « so wana girom, ndyaybe nyami ako ». Cela laisse croire que l’apport de ce Girom a été déterminant dans la présence des Ndiaye sur trône du Djolof. Les Bourba Ndiaye seraient-ils des peuls à l’origine, confirmant ainsi le mythe qui entoure le fondateur des royaumes wolofs, Amadou Boubakar alias Ndiadiane Ndiaye, métis poulo-berbère ? La question reste entière. 
Pendant quelques années, le Djolof fut envahi et gouverné par un marabout toucouleur Amadou Cheikhou Bâ (1870-1875) dans le but d’islamiser les Seßße (les païens). La fondation mystérieuse du royaume par un musulman, en l’occurrence le fils du conquérant almoravide Aboubakr Ibn Oumar, n’aurait pas pu ôter au pays ses racines païennes restées vivaces sept siècles après. 
En 1883, face à la main mise française sur la vallée, une alliance prend forme entre le Fuuta d’Abdul Bokar Kane (Jaagorgal de Daabiya, Booseya, qui s’était imposé comme le chef de file de la résistance aux forces d’occupations et le garant de l’indépendance du Fuuta), le Djolof d’Ali Bouri Ndiaye et le Kayor de Lat Dior Ngoné Latir Diop, union politique qui ne pourra malheureusement rien contre les forces coloniales. Pour renforcer cette alliance Mamadou Abdoul Kane, fils d’Abdoul Bokar va épouser Khar Yalla du Djolof: encore un cas d’alliance matrimoniale à caractère politique. 

 B / LES ALLIANCES ENTRE LE FUUTA ET LES PAYS MAURES 

Les pays maures étaient divisés en Emirats indépendants avec pour chefs les Emirs, tandis que le Fuuta était divisé en provinces (autonomes sur certains points en ce sens que chacune était dirigée par un chef de province ayant sous son autorité des chefs de villages) sous l’autorité suprême d’un seul chef appelé Satigi sous les dynastes peuls dénianké et Almami sous les Tooroßße ou les lettrés musulmans. Ces derniers, du fait de leur islamisation ancienne ou peut-être par simple complexe, se rattachent presque tous aux arabes. En guise d’exemples : nous avons les Ly qui se disent descendants d’un nommé Faddallah, les Touré de Hamet Habiballah (Hamet étant la déformation de Mohamed), les Kane de Hamet Diouldo Kane (diouldo signifiant musulman), les Bâ, Bari, Diallo de Brahim Malik Madaniyou etc. Quelle est la part de vérité dans ces affirmations ? Qu’en est-il en réalité ? 
Cheikh Moussa Kamara pense que c’est pour se donner du prestige que les marabouts Haal-Pulaar cherchent à se rattacher aux Arabes mais, qu’en réalité, tous ces Tooroßße sont des Peuls d’origine. Cette attitude peut se comprendre par le fait que l’islam a pour origine l’Arabie et que les conquérants musulmans en s’installant dans la sous-région ont dû, indéniablement, laissé des traces, humaines (de la progéniture), des reliques culturelles, des noms et prénoms arabes etc. Les chroniques du Waalo ne parlent-elles pas, comme cité plus haut, de l’union entre le conquérant Almoravide Aboubakr Ibn Oumar et une femme Tooroodo Fatimata Sall ? Mais paradoxalement, l’enfant né de cette union deviendra Wolof. 
Les maures, population descendant des Arabes Beni Hasan et des tribus nomades autochtones vivant dans le désert du Sahara, vont établir des relations multiples avec leur voisin du sud, le Fuuta. Des relations commerciales basées sur des échanges entre les céréales produites dans la vallée et les diverses productions maures (la gomme, le sel, les dattes etc.); des relations politiques (basculant entre vassalité et égalité selon les périodes et suivant les témoignages); mais aussi relations matrimoniales pouvant revêtir plusieurs caractères. 
Ce sont ces derniers types de relations qui temporisent tant soit peu les périodes de tensions, surtout quand le mariage contracté à un caractère politique. Dans la mémoire collective Fuutanke, c’est l’insécurité liée aux razzias maures contre les populations noires de la vallée, qui a conduit et même forcé celles-ci à traverser le fleuve pour se réfugier sur la vie gauche. Cela est illustré par un dicton populaire Pulaar qui dit : « Maa rewo ronkaa no worgo hodaa », en français, il a fallu des empêchements au Nord, pour se résoudre à habiter au Sud. 
Sous la dynastie Deeniyanke, l’insécurité liée aux razzias maures, ajoutée à l’instabilité consécutive aux rivalités politiques avaient abouti à la faiblesse du régime peul qui s’est soumis, pour survivre, au protectorat maure lequel exige de lui le paiement d’un tribut communément connu sous le nom de Moudo Horma, afin d’assurer son soutien ou sa protection. C’est dans ce climat de défaite qu’est intervenu le mouvement dirigé par le marabout haal-pulaar, Thierno Souleymane Bal pour mettre fin à ce tribut de la honte tout en profitant de l’opportunité pour lancer une révolution islamique. Les révolutionnaires vont balayer les dynastes Peuls qu’ils considèrent comme de mauvais musulmans, et instaurer à leur place le régime tooroodo ou le pouvoir des clercs islamiques. 
Durant les deux premières décennies du régime islamique, le Fuuta était unifié et puissant, sous l’autorité rigoureuse et totalitaire d’Almami Abdoul Kader. Cette puissance va se manifester aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières où tout doit répondre à l’esprit de la théocratie instaurée ou disparaître. C’est ainsi qu’Almami Abdoul s’attaqua avant de mettre fin au régime d’Eli Kowri, Emir du Trarza en 1786 et s’allia au Tajakani Bouna Mokhtar. Une tentative analogue fut lancée dix ans plus tard sur le Kayor, mais se solda par une défaite du Fuuta en 1796 face au Damel du Kayor. L’Almami est fait prisonnier, son poste est vacant. On assiste à l’émergence d’une force d’interposition en la personne des Jaagor&#273;e (les grands Electeurs) et à des remous politiques. Le choix provisoire (pour assurer l’intérim) se porte sur Abdoul Sire Lamine Talla connu sous le nom de Almami Muttar Kudeeja Talla. 
L’emprisonnement de l’Almami du Fuuta va réveiller le vieux démon de la domination maure. L’Emirat du Brakna ne tarde pas à se manifester en observant toutefois une politique de domination plus subtile puisque doublée d’une politique matrimoniale: 
-Les Awlad Siyyid s’allient aux gens du Tooro tandis que les Awlad Ahmed jettent leur dévolu sur le Halaybé. 
-Les Awlad Noghmash choisissent le Laaw où ils sont liés par le sang aux Wane et à leur 
tête Ibra Almami, partisan et pratiquant incontestable des alliances matrimoniales. 
-Les Alwad Ali se rencontrent dans le Yirlaabe-Hebbiyaabe, le Booseya et le Ngeenar, où l’on note une alliance très forte entre les Ahl Hayba (fraction des Awlad A’li) et Abdoul Bokar Kane, chef du Booseya, contre les Yirlaabe dirigé par Mamadou Silèye Amar Anne. 
-Les Litama, quant à eux, sont liés aux gens de Ngenaar et du Damnga . 
Il est à signaler dans le Halaybe, comme dans certains royaumes wolofs, des alliances matrimoniales à caractère religieux, qui unissent les disciples aux familles de leurs maîtres. C’est le cas notamment des mariages contractés par le Cadi Ahmadou Mokhtar Sakho de Boghé avec deux femmes mauresques. La première, une femme des Oulad Iberi, tribu maraboutique du Trarza, Mint Ahmeyyat, lui donnera une fille Mounina Sakho, et la seconde, une femme des Idacheghra, autre fraction maraboutique, Asma’ou Mint Oumarou, sera la mère de ses deux fils Mohamed Lemine Sakho et Abdourahim Sakho. 
Les relations entre le Fuuta et ses voisins maures ne se limitent pas à ce bref aperçu dans la mesure où sa composante qui s’est investie le plus dans cette voie, les Ahel Moodi Nalla, n’ont pas été cités. Les Ahel Moodi Nalla (Moodi Nallankoobe, en pulaar), marabouts haal-pulaar-en très métissés, vivent principalement à Daw et Doolol au Fuuta, et dans quelques villages du Guidimakha. Leur métissage avec les maures est si fort, la ressemblance si frappante que la confusion entre les deux ethnies est quasi-inéluctable. 
Les rapports entre Maures et Moodi Nalla sont fraternels, intimes, les uns se confondant aux autres. Une fraction des Ahel Sidy Mahmoud se réclame des Ahel Moodi Nalla et, inversement les haal-pular-en considèrent les Moodi Nallankoobe comme étant des Maures. Des liens les unissent à presque toutes les tribus maures, relations faisant d’eux des partenaires privilégiés pour toutes les parties et des interprètes qualifiés auprès des Noirs. Ces derniers les qualifiaient de «marabouts-blancs» par opposition aux autres Toorobbe appelés «marabouts noirs». Entre les Ahel Moodi Nalla et les Idaw’ish (vivants au Tagant) les relations étaient très bonnes à telle enseigne que les incursions répétées lancées par ceux-ci sur les populations de la vallée les épargnaient. Les Ahel Moodi Nalla arrivaient même à convaincre leurs amis Idaw’ish à rendre le bétail volé à leurs propriétaires. 

C/ - LE FUUTA ET SES VOISINS DE L’EST ET DU NORD-EST 

Par rapport à ses autres voisins de l’Est et du Nord-Est, à savoir le Boundou, les pays Soninké et le Khasso, le Fuuta avait des relations fluctuantes mais, les alliances matrimoniales permettaient de normaliser les rapports politiques. 
A l’époque des Deeniyankoobe, le Satigi Samba Bookar Sawa Laamu était connu pour son alliance avec le Gajaaga (pays soninké ), relation renforcée notamment par son mariage avec une femme nommée Moussa Silman, mère de son fils Boubou Moussa . 
De même qu’il est connu que son successeur Samba Guéladio Djégui était plutôt l’allié du Boundou et des maures Ahel Heyba. 
Quand vers la fin de l’époque des Toorobbe , Abdoul Bokar s’imposa comme chef du Fuuta, il contracta un mariage avec la fille de l’Almami du Boundou, Jiba Hamady Sy et un autre avec la fille du chef du Khasso, Dinding Sambala Hawa Diallo. 

CONCLUSION 

Si les alliances politiques étaient souvent renforcées par des alliances matrimoniales au Fuuta Tooro, c’était surtout pour assurer au pouvoir en place un soutien à toute épreuve . 
En effet on renie rarement son sang et chaque mariage contractée rendait effective une parenté nouvelle, une amitié nouvelle, et enfin une communauté de biens et d’intérêts. Ainsi, le nombre important des mariages n’est rien d’autre que la volonté de multiplier le nombre de ses alliés, l’accroissement de son prestige et de son pouvoir. 
Après le démembrement du Fuuta, des mariages mixtes qui unissent des personnes d’ethnies différentes, pour ne pas dire de races différentes, ont continué à être contractés dans un tout autre but. Les unions de cœur consécutives au bon voisinage, elles sont innombrables surtout entre les provinces du Tooro et Dimar avec les États wolofs. Des relations matrimoniales entre fuutanke exilés et femmes du territoire d’accueil sont aussi à signaler. L’observation faite dans des cas de mariage à caractère religieux se rencontre également, à une échelle plus large chez les Moodi Saahal (nom donné par les noirs à leurs étudiants dans le pays maure) qui épousent souvent les filles ou les proches de leur maître Maures. 
Des cas moins fréquents de mariages non-consanguins sont souvent contractés par des fonctionnaires Fuutanke à des femmes résidant ou appartenant à leur lieu de mutation. 
Mais quel que soit le cas, la société haal-pulaar y voit une extension de la famille et de la communauté. De la même manière, elle considère que les liens de parenté se distendent si ceux qui les partagent ne les renforcent pas par de nouvelles unions. 
Malgré cette préférence affichée pour la parenté, le monde poularophone accorde une bonne place au bon voisinage, pour répondre aux recommandations du prophète Mohamed (PSL) d’une part, mais aussi pour s’accorder aux traditions qui reconnaissent que le véritable parent de l’homme est son voisin, premier à répondre présent en cas de besoin. 

Au viie siècle, les Songhaïs animistes se sont installés dans la région de Koukia, puis plus tard, à Gao. À cette époque les Songhaïs étaient divisés en trois groupes, les Sorko Sonhrais pratiquant la pêche, les "Maîtres des Eaux" qui étaient les plus puissants, les do ou gabibi, les Sonhrais pratiquant l'agriculture et l'élevage, les "Maîtres de la Terre", puis les gow, les chasseurs. Ces différents groupes de Sonhrais entretenaient de mauvais rapports. Au xie siècle des Berbères venus du nord, fuyant les persécutions des Arabes, se fixèrent chez les Sonhrais, en particulier chez les do, les "Maîtres de la Terre". Ils se métissèrent jusqu'à ne plus se démarquer des Sonhrais d'origine, et fondèrent la dynastie des dia. Les dia chassèrent les Sonhraïs sorko, ceux-ci remontèrent le fleuve Niger à la recherche de nouvelles terres. Ils se fixèrent et fondèrent la ville de Gao. Les sorko fondateurs de la ville de Gao, durent de nouveau l'abandonner aux Sonhraïs dia. Les Sorko se réfugièrent alors vers le lac Débo. Au début du xie siècle, Dia kossoi ou zakosoi, issus de la dynastie Dia, fixèrent la capitale des Sonhraïs à Gao. Les Sonhraïs Dia, firent de Gao un royaume puissant et prospère, qui rivalisait avec les empires du Ghana et du Mali.

Au cours du xve siècle, le Songhaï devint un empire, qui s'étendait au Niger, au Mali et sur une partie de la Guinée et du Sénégal actuels. L'empire s'éteignit vers la fin du xvie siècle.

Son apogée eu lieu sous les règnes de Soni Ali de 1464 à 1492 et de Askia Mohamed de 1493 à 1528. L'empire Songhoy s'effondra à la suite de la bataille de Tondibi contre les Marocains en 1591.

La première dynastie marquante fut la dynastie Za ou Dia. En 1009, le souverain Zakosoï se convertit à l'islam. Au XIVe siècle, l'empire Songhoy est la plus importante puissance commerciale de la région.

Soni Ali Ber le Si accède au pouvoir en 1464, fondant la dynastie des "Si". Il fit de nombreuses guerres pour agrandir l'empire.

 

 

Par samba - Publié dans : cultures
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